Pocket Pico fait revivre le packet radio des années 1980 avec un Raspberry Pi Pico
Le Pocket Pico transforme un Raspberry Pi Pico en terminal node controller (TNC) de packet radio, dans l’esprit du Heathkit HK-21 Pocket Packet des années 1980. Son idée la plus élégante est d’émuler le processeur Z80 afin de faire tourner le firmware historique, tout en confiant au microcontrôleur le modem audio Bell 202 à 1 200 bauds. Le résultat va au-delà d’un simple tracker APRS : il gère aussi l’AX.25 connecté, le mode KISS et un petit tableau d’affichage de messages. Il faut toutefois disposer d’une licence radioamateur et d’un émetteur-récepteur compatible pour l’utiliser sur les ondes

Bidouille / radioamateur / rétro · 2026-09-26 · LXM · Lecture : 4 min
Résumé IA
Le Pocket Pico transforme un Raspberry Pi Pico en terminal node controller (TNC) de packet radio, dans l’esprit du Heathkit HK-21 Pocket Packet des années 1980. Son idée la plus élégante est d’émuler le processeur Z80 afin de faire tourner le firmware historique, tout en confiant au microcontrôleur le modem audio Bell 202 à 1 200 bauds. Le résultat va au-delà d’un simple tracker APRS : il gère aussi l’AX.25 connecté, le mode KISS et un petit tableau d’affichage de messages. Il faut toutefois disposer d’une licence radioamateur et d’un émetteur-récepteur compatible pour l’utiliser sur les ondes.
L’essentiel
- Ce qui change : un Pico moderne peut désormais reproduire un TNC Heathkit, firmware d’époque compris, sans puce modem dédiée.
- Pourquoi c’est intéressant : le projet relie matériel rétro, protocole radio toujours utilisé et documentation ouverte.
- La limite principale : c’est un projet de radioamateur, pas un gadget USB prêt à utiliser sans matériel ni cadre réglementaire.
Article
Un TNC d’hier, dans un microcontrôleur d’aujourd’hui
Le packet radio a un charme particulier : il fait voyager des messages numériques sur des radios analogiques, avec des sons qui ressemblent davantage à un vieux modem téléphonique qu’à du Wi-Fi. Dans les années 1980, le Heathkit HK-21 Pocket Packet permettait déjà cela dans un format compact. Le Pocket Pico reprend aujourd’hui cette idée avec un Raspberry Pi Pico, une carte dédiée et un boîtier imprimé en 3D.
Le projet ne se contente pas de reprendre la fonction générale de l’appareil. Il émule un processeur Z80 dans le microcontrôleur afin d’exécuter le firmware du HK-21. Autrement dit, une partie de l’expérience et des commandes de la machine historique est conservée, tandis que le matériel autour devient beaucoup plus accessible à reproduire.
Le Pico joue aussi le rôle du modem
Un TNC sert d’intermédiaire entre l’ordinateur et la radio : il transforme les données numériques en signaux audio transmissibles, et fait l’opération inverse à la réception. Ici, le Raspberry Pi Pico réalise ce travail en logiciel avec les tonalités Bell 202 à 1 200 bauds. Le montage évite donc l’emploi d’un modem spécialisé.
Le projet propose une connexion radio, un port série USB et un port série TTL 3,3 V. Une série de micro-interrupteurs permet notamment de choisir où attribuer la console et le mode KISS. Ce dernier est important : c’est l’interface qui permet au matériel de dialoguer avec des logiciels de packet radio plus actuels.
Les quatre LED de statut — émission, détection de porteuse, connexion et état — font aussi directement écho au matériel d’origine. Ce n’est pas seulement de la nostalgie décorative : sur un appareil radio autonome, voir immédiatement si la liaison est active reste bien pratique.
Plus complet qu’un simple montage APRS
L’APRS, système de balises et de données radio très populaire chez les radioamateurs, est bien pris en charge. Mais l’intérêt du Pocket Pico est de ne pas s’arrêter là. Il annonce le support de l’AX.25 niveau 2 en mode connecté, ce qui permet des échanges avec d’autres stations, des nœuds ou des bulletins électroniques.
Le petit système intègre même un PBBS, un Personal Bulletin Board System. D’autres stations peuvent donc s’y connecter et y laisser un message, comme à l’époque des BBS — mais par radio. C’est une fonctionnalité délicieusement anachronique, et pourtant très cohérente avec l’architecture du projet.
Le dépôt fournit les fichiers du circuit imprimé et du boîtier. La licence BSD à trois clauses laisse une marge confortable pour étudier, modifier et redistribuer le travail, sous ses conditions habituelles.
Une bonne porte d’entrée, mais pas un passe-droit radio
Ce type de projet rappelle qu’une technologie ancienne n’est pas forcément morte : elle peut devenir plus compréhensible quand son fonctionnement tient dans un microcontrôleur et quelques composants. C’est aussi un excellent prétexte pour explorer les protocoles, l’audio numérique et les infrastructures radio indépendantes du réseau mobile.
Il reste une précaution essentielle : brancher ce montage à un émetteur-récepteur et transmettre nécessite de respecter les règles radio locales et, dans la plupart des cas, de disposer d’une licence adaptée. Le code est ouvert ; les fréquences, elles, ne le sont pas sans conditions.
L’avis LXM
Le sujet mérite un essai prudent plutôt qu’une promesse toute faite. La valeur se jugera sur un cas d’usage réel, documenté et reproductible.
Sources
- Pocket Pico TNC — Pocket Pico TNC
- dépôt GitHub pico_tnc — dépôt GitHub pico_tnc
- Hackaday — Hackaday
- manuel PDF — manuel PDF